Prothèse Articulaire en 100 questions

Les 100 questions

8. Les différentes prothèses : Prothèse de hanche

85. Faut-il couper les muscles pour mettre une prothèse totale de hanche ?

Dernière mise à jour : 30-05-2005

L'efficacité d'une prothèse dépend :
- de la bonne position des pièces ;
- de l'intégrité et de l'équilibre de la musculature, car les deux pièces complémentaires sont emboîtées l'une dans l'autre et maintenues par le tonus musculaire.

Pour mettre en place les éléments synthétiques d'une prothèse, il faut donc "entrer" dans l'articulation de la hanche par voie antérieure externe ou postérieure. L'accès à l'articulation peut être obtenu en suivant différents "chemins", nommés encore "voies d'abord" chirurgicales.

Certaines impliquent des sections (partielles ou complètes) de certains muscles de la hanche, ce sont les voies trans-musculaires. Ces sections laissent inévitablement des séquelles définitives car le muscle cicatrise mal et une faiblesse musculaire peut accroître le risque de "déboîtement" de la prothèse (luxation), ou laisser persister une boiterie. Les autres voies d'abord sont les voies trans-osseuses (section partielle ou totale de la saillie osseuse du fémur appelée grand trochanter).

Pour mettre en place la prothèse totale de la hanche, certains chirurgiens préfèrent exposer l'articulation sans sectionner les muscles qui assurent le jeu de l'articulation. Ils utilisent une voie à travers l'os plutôt qu'une voie à travers les muscles, en détachant une partie ou l'intégralité du trochanter sur lequel s'attachent les principaux muscles de la hanche (on parle de trochantérotomie). Le trochanter ainsi relevé permet une excellente exposition de l'articulation, sans aucune section musculaire. En fin d'intervention, il est remis en place et fixé à l'aide de fils métalliques. Après l'intervention, il est nécessaire de marcher avec une ou deux cannes anglaises pendant quelques semaines (des consignes précises sont données par votre chirurgien) pour soulager l'appui sur la hanche opérée et laisser le trochanter consolider. Un appui trop précoce peut arracher le trochanter insuffisamment cicatrisé (pseudarthrose) et nécessiter une nouvelle opération pour le fixer à nouveau.
L'avantage de cette voie trans-osseuse est le respect intégral des muscles situés autour de l'articulation (avec un taux très faible de luxation), et de ce fait, la réduction des interdits dans la vie quotidienne (possibilité de s'accroupir, croiser les jambes, avoir des activités sportives variées, etc.) et la conservation de bons muscles en cas de reprise ultérieure de prothèse de la hanche.

D'autres chirurgiens préfèrent la voie trans-musculaire qui a l'avantage de vous permettre de remarcher sans canne très rapidement et d' autoriser une complète autonomie dès les premiers jours. Le principal inconvénient de cette voie d'abord est le risque d'affaiblir la musculature, de favoriser la luxation (déboîtement) et d'affaiblir le tonus musculaire en cas de nouvelle intervention (reprise de prothèse).

Les mini voies d'abord de la hanche (chirurgie mini-invasive – mini-abord) ont-elles un intérêt ?
Il est fondamental que les éléments de la prothèse soit correctement mis en place pour quelle fonctionne sans ennui et qu'elle reste en place de façon prolongée. Pour cela, il est nécessaire d'obtenir une exposition correcte des structures osseuses et musculaires lors de la mise en place de la prothèse. Certaines voies d'abord mini-invasives permettent une bonne exposition de ces structures  et  la mise place correcte des implants. Elles permettent une récupération fonctionnelle plus rapide, en revanche, à distance de l'intervention il n'y a aucune différence dans le résultat final : en effet, réduire la taille de l'incision ne change rien à la douleur post-opératoire, au résultat fonctionnel au-delà de 1 mois, à la perte sanguine, aux complications post-opératoires.. Ce type d'intervention n'est pas utilisable dans tous les cas (prothèse difficile, reprise, etc...).
Il convient d'en parler avec votre chirurgien qui est le plus à même de choisir le type de voie d'abord à utiliser.

Notre avis

À l'hôpital Cochin, plutôt que de sectionner des muscles, nous avons fait le choix d'une voie trans-osseuse avec "trochantérotomie". L'inconvénient de cette voie d'abord est la nécessité d'attendre la cicatrisation osseuse complète du grand trochanter pour appuyer complètement sur la hanche opérée. C'est la voie de la prudence au prix d'une marche avec une ou deux cannes anglaises pendant quelques semaines.

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