La Polyarthrite Rhumatoïde en 100 questions

Les annexes

19. Évaluation du risque d'ostéoporose au cours de la polyarthrite rhumatoïde et recommandations

Dernière mise à jour : 22-10-2018

La polyarthrite rhumatoïde fait courir un risque accru d’ostéoporose du fait de son mécanisme inflammatoire propre, qui n’est pas sans influence sur le métabolisme de l’os, et du fait de la prise de certains traitements, au premier rang desquels il faut citer la corticothérapie.

L’ostéoporose est une maladie liée à une diminution de la quantité d’os dans le squelette et à une altération de sa qualité de construction. Le résultat est que la solidité du squelette diminue et que le malade est exposé à un risque accru de fracture, y compris de fractures survenant pour des traumatismes extrêmement minime (comme une chute de sa hauteur).
Le diagnostic de l’ostéoporose repose sur l’évaluation quantitative de la densité minérale osseuse (DMO), c’est-à-dire la quantité d’os, habituellement mesurée par ostéodensitométrie (DXA). La DMO au niveau du col fémoral est considérée comme la mesure de référence. L’ostéoporose se définit par un T-score inférieur ou égal à –2.5 SD.

Pour essayer de mieux définir le risque de fracture, un score de risque de fracture a été mis au point par l’OMS : il s’agit du score FRAXTM qui est un algorithme intégrant et pondérant les facteurs de risque avec ou sans la densité minérale osseuse. Le score FRAX™ www.shef.ac.uk/FRAX calcule la probabilité à 10 ans d’avoir une fracture de hanche ou toute autre fracture majeure (vertébrale clinique, hanche, avant-bras, extrémité supérieure de l’humérus). La Polyarthrite rhumatoïde ainsi que la prise de corticoïdes font partie de ce score.

Un dépistage de l’ostéoporose est conseillé chez tout patient ayant une polyarthrite rhumatoïde par la réalisation d’une ostéodensitométrie. Le calcul du score FRAX peut également être utile dans certaines situations.

De plus la recherche de fractures vertébrales par un bilan radiographique pourra être é réalisée chez les patients dont la taille a diminué de plus de 4 centimètres. Les principaux traitements pharmacologiques en France comprennent le raloxifène, les bisphosphonates, le dénosumab et les dérivés de l’hormone parathyroïdienne (PTH).

Des recommandations récentes précisent quand un traitement doit être envisagé. Une consultation dentaire est nécessaire avant la mise en place d’un traitement par biphosphonates et dénosumab.

En fonction
du T score
(au site le
plus bas)
Fractures sévères
(fémur, vertèbres,
humérus, bassin)
Fractures
non sévères
Absence de
fractures et
facteurs de risque
d'ostéoporose ou
de chutes multiples
T > -1 Avis du spécialiste Pas de traitement Pas de traitement
T ≤ -1 et > -2 Traitement Avis du spécialiste Pas de traitement
T ≤ -2 et > -3 Traitement Traitement Avis du spécialiste
T ≤ -3 Traitement Traitement Traitement

En cas de prise de corticoïde, la prévention de l’ostéoporose induite par la corticothérapie a été définie dans des recommandations résumées dans le graphique ci-dessous.



Votre rhumatologue est le spécialiste de l’ostéoporose et saura vous prescrire le traitement adapté.
D’autre part, le calcium est essentiel pour les os. Les apports calciques recommandés sont de 1000 mg/jour.
Globalement, il est conseillé d’avoir une alimentation variée et équilibrée, un apport suffisant en vitamine D, d’éviter la consommation d’alcool et de tabac et enfin d’avoir une activité physique régulière comme la marche.

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