Prothèse Articulaire en 100 questions

Les 100 questions

2. Bénéfices attendus et principaux risques de l'intervention

26. Comment prévient-on les infections à l'hôpital : qu'est ce qu'une infection nosocomiale ?

Dernière mise à jour : 30-05-2005

Il faut bien différencier les infections de la prothèse et les infections nosocomiales.

Une infection est dite "nosocomiale" (grec : nosokomeion, hôpital) si elle apparaît au cours ou à la suite d'un séjour à l'hôpital (ou dans tout autre établissement de soins) et si elle était absente à l'admission.
Après l'implantation d'une prothèse de hanche, une infection est considérée comme nosocomiale lorsqu'elle se déclare dans l'année qui suit sa mise en place.  
Une infection nosocomiale peut être contractée :
- soit pendant l'acte chirurgicale ou d'anesthésie ;
- soit par les moyens de perfusions ou de sondage mis en place pour permettre les soins post-opératoires ;
- soit dans les suites de l'intervention.
 
Les infections nosocomiales touchent chaque année entre 600 000 et un million de personnes en France.
Chaque établissement a mis en place un Comité Local de Lutte contre les Infections Nosocomiales (CLLIN) et une équipe opérationnelle d'hygiène (un praticien ou une infirmière hygiéniste).
Ces infections peuvent être favorisées par certaines maladies (diabète, obésité, alcoolisme) ou certains traitements qui diminuent l'immunité (corticoïdes). Des procédures standardisées visant à diminuer ces infections ont été établies.
Le matériel médical est surveillé. De plus, le matériel chirurgical tend de plus en plus à être à usage unique. Les températures de stérilisation sont élevées (de 121 à 134°C), afin de prévenir la maladie de Creutzfeld-Jacob.
Responsables de 4000 décès par an, les infections nosocomiales constituent une priorité du ministère de la santé qui leur a consacré un plan de lutte triennal 2005-2008.
Le premier indicateur, baptisé ICALIN, pour “Indice Composite des Activités de Lutte contre les Infections Nosocomiales” a été publié le 6 février 2006 : il constitue une estimation des efforts entrepris par chaque établissement dans la lutte contre ces infections. En fonction des résultats, un score sur 100 points conduit à une “note” de A (pour les meilleurs scores) à E (pour les plus bas). Les résultats ICALIN sont directement accessibles en ligne sur le site du Ministère de la santé : http://www.sante.gouv.fr/icalin/ ou par téléphone : Info'Ministère au numéro Indigo suivant : 0 820 03 33 33.
Selon les premiers résultats des 2 832 établissements de santé sollicités, 11,1 % sont en catégorie A, 22,2 % en catégorie B, 33,4 % en catégorie C, 13,2 % en catégorie D et 5,8 % en catégorie E.
Le tableau de bord final sera complété par quatre autres :
- le taux d'infections du site opératoire par type d'acte opératoire (disponible d'ici fin 2006) ;
- le volume annuel de produits hydro-alcooliques (hygiène des mains) pour 1 000 journées d'hospitalisation (disponible d'ici fin 2006) ;
- le taux de staphylocoques dorés résistants à la méticilline pour 1 000 journées d'hospitalisation (disponible avant fin 2007) ;
- le suivi de la consommation d'antibiotiques pour chaque établissement (disponible d'ici fin 2007).
L'infection de la prothèse peut se faire de façon retardée, des mois, voire des années après la mise en place d'une prothèse articulaire qui n'avait présenté jusqu'alors aucun problème (cf. question 30). Voilà toute la particularité du risque infectieux sur une prothèse articulaire. Trois situations doivent faire redouter l'infection :
- l'apparition brutale d'une douleur aiguë de l'articulation, associée simultanément à une fièvre importante : un avis d'urgence en chirurgie orthopédique s'impose ;
- la survenue de petits signes : rougeur de la cicatrice, gonflement douloureux de l'articulation et survenue de douleurs en regard de la prothèse, alors qu'elle était jusqu'ici bien tolérée, doivent vous alerter. Prenez rapidement un rendez-vous avec le chirurgien orthopédiste ; aucun traitement local ou général ne doit retarder la consultation ;
- parfois c'est le chirurgien qui évoquera la possibilité d'un descellement d'origine infectieuse sur vos radiographies, il vous proposera alors une ponction de l'articulation pour confirmer le diagnostic conduisant à la reprise de la prothèse et au traitement antibiotique.

Notre avis

Afin de ne pas apporter de nouveaux germes à l'hôpital, mais aussi ne pas en transporter chez vous, pensez à ce geste simple et rapide : le lavage des mains avant et après une visite à l'hôpital.
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