Dernière mise à jour : 07-03-2025
Les principaux effets secondaires des AINS sont digestifs : avant tout une irritation de l’estomac (gastrite), responsable de douleurs abdominales, exceptionnellement un saignement digestif qui peut être grave et doit conduire à une évaluation médicale urgente.
Pour réduire le risque d’irritation de l’estomac, il vaut mieux prendre les AINS au milieu d’un repas ou d’une collation. Un traitement protégeant l’estomac (Inhibiteur de la Pompe à Protons ou IPP) sera parfois associé au traitement par AINS afin d’améliorer leur tolérance digestive, mais il n’est pas systématique chez l’enfant, qui supporte mieux les AINS que l’adulte. Attention à la prescription d’IPP au long cours : les IPP modifient parfois profondément le microbiote entrainant la sélection de bactéries agressives pour l’intestin ; on leur attribue l’augmentation du risque de maladies auto-immunes surajoutées (thyroïdite de Basedow, thyroïdite d’Hashimoto, anémie hémolytique auto-immune, purpura thrombopénique auto-immun, purpura rhumatoïde, myasthénie, spondyloarthrite, polyarthrite rhumatoïde, Gougerot Sjögren, lupus, psoriasis, vascularite, sclérodermie systémique, myosite…).
Il est fréquent qu’en début de traitement par AINS, les patients se sentent plus fatigués et se plaignent de maux de tête. Ce sont des signes transitoires.
Plus rarement, les AINS peuvent altérer le fonctionnement des organes suivants :
- des reins lorsque les patients sont déshydratés (personnes âgées surtout) ou en cas de surdosage en AINS ; c’est la raison pour laquelle une analyse sanguine avec contrôle du fonctionnement rénal peut être demandée ;
- du foie détecté sur l’analyse de sang par une élévation des transaminases ASAT et ALAT ;
- du système cardiovasculaire chez l’adulte (athérome vasculaire).
Un traitement par AINS au long cours doit être surveillé par le médecin traitant.
Certains AINS comme l’indométacine peuvent donner des vertiges, le naproxène et l’ibuprofène des éruptions sur la peau lors de l’exposition au soleil…
Tous les AINS peuvent théoriquement fluidifier le sang (sauf les coxibs) et amplifier une hémorragie (par exemple aux gencives lors du brossage de dents), aggraver un asthme ou engendrer des réactions d’allergie ; la survenue d’un de ces signes doit faire consulter votre médecin traitant ou référent. La plupart de ces manifestations régressent à l’arrêt du traitement.
Il faut savoir qu’un AINS inefficace ne signifie pas que tous les AINS seront inefficaces : il en existe 6 classes et il faut savoir en demander un d’une autre classe avant de statuer sur l’utilité ou non des AINS dans le syndrome OCMR/SAPHO.
Important : les AINS sont contre-indiqués au 3ème trimestre de grossesse (22ème semaine ou 24ème semaine d’aménorrhée), quelle que soit leur voie d’administration, y compris en prise unique.
Les AINS sont généralement très bien tolérés chez l’enfant et représentent le traitement de 1ère ligne de l’OCMR/SAPHO. Leur utilisation nécessite une information sur leurs possibles effets secondaires.