Dernière mise à jour : 07-03-2025
Alimentation
Aucun régime alimentaire n’a démontré son efficacité ni dans l’OCMR/SAPHO, ni dans la majorité des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires. La seule certitude est que l’alimentation doit être équilibrée à la fois en qualité (proportion de glucides/lipides/protides) et en quantité. Ceci n’est valable que lorsqu’il n’y a ni déficit ni excès pondéral.
Certains médicaments imposent des précautions alimentaires ou des régimes particuliers comme les corticoïdes (cf. question 39) ou la colchicine (pamplemousse contre-indiqué). Notez bien que le régime sous corticoïdes d’un enfant n’est pas le même que celui d’un adulte, et que le surpoids ou l’obésité constituent des contraintes supplémentaires nécéssitant utilement des conseils diététiques (cf. question 44 & annexe 5).
Un mot des compléments alimentaires et leurs interactions avec les médicaments : accessibles sans ordonnance, ce ne sont pas pour autant des produits anodins. Ils peuvent interagir sur certains traitements de manière négative ou faire croire faussement à une altération de la fonction des reins. L’avis d’un médecin ou d’un pharmacien est donc indispensable.
De nombreux régimes sont « à la mode » et il est plutôt difficile pour le patient de s’y retrouver : sans gluten, sans lactose, cétogène (diète très faible en glucides), paléolithique, végétarien, végétalien, jeûne intermittent, hyperprotéiné, méditerranéen ou crétois… Certains régimes peuvent entraîner un risque supplémentaire cardiovasculaire. Que ce soit en raison de sa maladie ou par conviction personnelle, il est recommandé au patient d’en parler avec son médecin référent pour sa pathologie.
Vous trouverez en annexe 10 une liste d’aliments réputés pour leur pouvoir anti-inflammatoire, ainsi que ceux à consommer avec modération et quelques mots sur le microbiote intestinal.
Avec quelques dizaines d’années de recul, une croyance néfaste apparait de plus en plus régulièrement : un enfant n’est pas un petit adulte et il est dangereux d’appliquer aux enfants ce qu’un adulte fait délibérément pour lui en matière de régime. Il est faux de croire qu’un enfant atteint de maladie auto-immune ou auto-inflammatoire ira mieux sans lait et produits dérivés du lait. L'organisme d'un enfant privé de ces aliments souffrira d'un déficit important en calcium, ce qui non seulement entravera sa croissance, mais rendra également ses os plus fragiles. L’alimentation d’un enfant doit être variée et complète comprenant des laitages et des protéines animales. Ceci est d’autant plus important que sa maladie chronique a un impact sur la mobilité et fragilise le squelette.
Tabac
Oui, il est souhaitable que les patients atteints de maladie ostéoarticulaire inflammatoire chronique cessent de fumer. Le tabac diminue l’efficacité des traitements, en particulier des traitements de fond comme les DMARDs conventionnels et les immunomodulateurs.
En d’autres termes, le tabac est un facteur aggravant de la maladie. Il est donc fortement recommandé d’arrêter de fumer quand on a une maladie ostéo-articulaire inflammatoire chronique.
D’autre part, le tabac expose à une augmentation du risque cardiovasculaire, mais aussi de l’ostéoporose (fragilité accrue du squelette). Il est associé aux pustuloses palmoplantaires, notamment chez les femmes de plus de 50 ans.
Pour vous aider à arrêter de fumer, vous pouvez avoir recours à l’homéopathie, aux substituts nicotiniques (patchs, gommes à mâcher, pastilles, inhalateur), à l’hypnose ou la méditation. N’hésitez pas également à demander de l’aide auprès de votre médecin traitant.
Pour en savoir +
Alcool
Alcool et médicament ne vont pas ensemble car l’alcool modifie le métabolisme de certains médicaments en particulier au niveau du foie. Ainsi, l’alcool diminue l’efficacité de nombreux traitements. Boire moins d'alcool, boire peu d'alcool est un bon conseil.
Les conseils nutritionnels et leurs mises en application ne remplacent pas un traitement.
Si le patient a déjà mis en place une ou plusieurs exclusions alimentaires, il est nécessaire qu’il en parle à son médecin afin de vérifier qu’il ne se met pas en danger. Arrêter le tabac est important car cela modifie l’efficacité de vos traitements…en moins bien. Attention aux alcools, car leur toxicité sur le foie s’ajoute à celle de vos médicaments.