Prothèse Articulaire en 100 questions

Les 100 questions

2. Bénéfices attendus et principaux risques de l'intervention

22. Quels sont les principaux inconvénients et risques tardifs éventuels de l'intervention ?

Dernière mise à jour : 30-05-2005

Certaines complications peuvent survenir tardivement (cette liste n'est pas exhaustive) :
l'usure (cf. questions 29, 30, 31, 32, 33 et 34) survient de façon inéluctable pour toutes les prothèses implantées, elle va provoquer le descellement de la prothèse. Le descellement de la prothèse (perte de fixation des pièces) se traduit par des douleurs et une migration des pièces de la prothèse ; il nécessite une nouvelle intervention ;
l'infection tardive survient soit par voie sanguine à partir d'un foyer infectieux (peau, urines, bronches, vésicule, sinus, etc.) soit du fait d'une contamination opératoire passée inaperçue, évoluant à bas bruit et peut entraîner un descellement septique de la prothèse (cf. question 26) ;
les ossifications péri-prothétiques sont exceptionnelles (cf. question 86) : il s'agit de formations osseuses entourant la prothèse totale de la hanche qui peuvent survenir après l'intervention et qui sont responsables d'un enraidissement de l'articulation. Elles sont évitées par l'utilisation systématique (sauf contre-indication particulière) des anti-inflammatoires non stéroïdiens pendant quelques jours après l'intervention. Cette complication concerne essentiellement les prothèses de hanche ;
la raideur d'une articulation prothétique : elle peut survenir sur certaines prothèses comme celle du genou, du coude ou de l'épaule. Elle est due à la présence d'adhérences qui limitent la mobilité (les tissus mous sont "collés"). Elle peut être prévenue par la mobilisation douce et précoce de votre prothèse, mobilisation passive ou à l'aide d'un appareillage ;
l'algoneurodystrophie ou algodystrophie est un "dérèglement du système nerveux qui commande les vaisseaux", responsable de douleurs, de gonflement et pouvant aboutir à un enraidissement de l'articulation. Il s'agit d'une complication qui survient et évolue de façon capricieuse et imprévisible. Le traitement repose sur l'association de médicaments et d'une rééducation douce et spécialisée. L'évolution peut se faire sur plusieurs mois ;
• dans certains cas, un épanchement chronique (gonflement) de l'articulation prothétique, en particulier au genou, peut nécessiter une ponction pour vérifier l'absence d'infection. Des gestes locaux spécifiques peuvent être discutés et réalisés en accord avec le chirurgien, en service spécialisé, pour assécher l'épanchement (synoviorthèse isotopique) ;
• dans certains cas, des douleurs en regard de la prothèse peuvent persister. Certaines personnes peuvent continuer à souffrir alors que la prothèse est bien en place, qu'il n'y a pas d'explication mécanique aux douleurs et que tout est satisfaisant sur les radiographies. Il peut s'agir de douleurs des tissus situés autour de la prothèse. Ainsi à la hanche, des bursites ou tendinites en regard des fils métalliques servant à fixer le trochanter (cf. question 85) peuvent être gênantes et nécessiter des massages, des crèmes ou gels anti-inflammatoires. Dans certains cas exceptionnels, le chirurgien pourra vous proposer une infiltration d'un dérivé cortisonique en regard. Ce geste ne doit être effectué qu'en service spécialisé sous couvert de règles strictes d'asepsie. Dans de rares cas, aucune cause évidente n'est décelée, et le chirurgien ne trouve pas d'explication précise à la gêne ressentie. La surveillance régulière par le chirurgien est alors nécessaire (cf. question 72) ;
• les thromboses veineuses peuvent aussi survenir à distance de l'intervention : si vous avez mal dans un mollet, si vous êtes essoufflé(e), consultez votre médecin (cf. question 35) ;
la fracture de la prothèse (cf. question 37). La rupture de certaines têtes de prothèses de hanche en céramique de zircone a été rapportée. La fracture des implants en silastic de la main est possible et traduit l'usure de la prothèse qui doit alors être changée. (cf. question 92)

Prothèse totale de hanche usée

Notre avis

L'usure est l'élément qui met habituellement un terme à la vie des prothèses. Les autres complications sont, heureusement, plus rares.
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